Tout comme les 3 autres crises écologiques, le changement climatique, la chute de la biodiversité ou l’épuisement des ressources naturelles, la crise sanitaire est une crise créée par l’homme, qui met l’espèce humaine en danger. La baisse de la fertilité et de la qualité du sperme conduit à se poser la question de « l’Homme en voie de disparition ? ».

Cette crise sanitaire se manifeste principalement à travers l’épidémie de maladies chroniques. On peut même parler de pandémie, puisque la quasi-totalité des pays de la planète y sont confrontés. Le constat en a été fait par l’Organisation Mondiale de la Santé à l’occasion de la conférence de New York en septembre 2011. Les 184 chefs d’Etat et de gouvernement ont adopté la déclaration finale qui proclame en son article 1 :

« Nous, chefs d’État et de gouvernement […] reconnaissons que le fardeau et la menace que les maladies non transmissibles représentent à l’échelle mondiale constituent l’un des principaux défis pour le développement au XXIe siècle […] reconnaissons le rôle primordial des gouvernements et la responsabilité qui leur incombe de faire face au défi des maladies non transmissibles, et l’impérieuse nécessité pour tous les secteurs de la société d’agir et de s’investir pour susciter des réponses efficaces propres à assurer la prévention et la maîtrise de ces maladies. »

Le défi est qualifié « d’ampleur épidémique ». Dans une déclaration préparatoire à cette conférence, Margaret Chan, directrice générale de l’OMS déclarait « l’augmentation des maladies chroniques non transmissibles représente un énorme défi. Pour certains pays, il n’est pas exagéré de décrire la situation comme une catastrophe imminente pour la santé, pour la société et surtout pour les économies nationales ».

Cette croissance est la conséquence des changements de l’environnement, le mot environnement étant compris au sens large du terme. C’est à la fois la nourriture ultra-transformée et l’agriculture productiviste qui la sous-tend, la pollution chimique généralisée, la ville éclatée source de sédentarité et de pollution, le travail et plus largement la montée des inégalités au cours des dernières décennies.

Les grandes maladies chroniques augmentent en même temps qu’augmente le PIB, ce qui montre que c’est le mode de développement moderne qui est en cause. C’est ce même mode de développement qui est à la source du changement climatique, de l’érosion de la biodiversité et de l’épuisement des ressources naturelles, ces 3 crises qui forment la crise écologique.

Le RES milite pour que la Santé soit prise en compte dans les réponses à la crise écologique. Aujourd’hui, cette prise en compte reste marginale. Sinon, la crise sanitaire risque de s’amplifier.

La définition même de la Santé doit prendre en considération cet enjeu. Il est nécessaire de compléter la définition classique de l’OMS « la Santé n’est pas seulement l’absence de maladie ; c’est un état de bien être », par une définition écosystémique : « la Santé est la traduction de la qualité de la relation de la personne humaine à son écosystème ». L’être humain construit sa santé en améliorant son environnement. Nos systèmes de santé restent figés sur un modèle dépassé, qui fait croire que c’est par le système de soin qu’il est possible de gérer les problèmes de santé. Ce modèle né dans l’après-guerre est incapable de faire face à la crise sanitaire car il n’est pas construit pour s’attaque aux causes des maladies.

Une 2ème révolution de santé publique est aujourd’hui nécessaire. De la même façon que l’on a fait reculer les grandes maladies infectieuses (choléra, typhus, tuberculose…) qui ravageaient les pays industriels à la fin du 19ème siècle, en agissant sur l’environnement, il est possible de stopper les épidémies modernes en développant des politiques de santé environnementale.

LA SANTE ENVIRONNEMENTALE DOIT DEVENIR CENTRALE :

– DANS LES POLITIQUES DE SANTE ET D’ENVIRONNEMENT

– DANS LA RESOLUTION DE LA CRISE ECOLOGIQUE