Programmés pour l’obésité et le diabète ?

Les perturbateurs endocriniens mis en cause dans un second rapport

L’association britannique CHEM Trust publie aujourd’hui un rapport intitulé « Panorama scientifique des liens entre exposition chimique et risques d’obésité et de diabète »[1], qui parvient aux mêmes conclusions que le rapport du RES « Evaluation du lien entre environnement chimique, obésité et diabète (ECOD) ».

Les auteurs du rapport CHEM Trust, les professeurs Miquel Porta et Duk-Hee Lee, ont passé en revue 240 publications scientifiques et dressent le même constat que le rapport ECOD publié par le Réseau Environnement Santé, mercredi dernier : le modèle énergétique (nutrition-sédentarité) ne suffit pas à expliquer les épidémies mondiales actuelles d’obésité et de diabète ; des substances chimiques polluantes obésogènes et diabétogènes sont également à l’œuvre.

Les auteurs, à l’instar du RES, insistent sur l’action délétère des perturbateurs endocriniens qui aux stades les plus vulnérables du développement peuvent programmer irréversiblement l’organisme humain à l’obésité et au diabète. « Il faut passer d’une approche centrée sur le mode de vie, le diagnostic et le traitement à une approche appliquant des mesures de prévention à toute la population, telles qu’une alimentation exempte de contaminants persistants et l’élimination de l’exposition à des produits chimiques impliqués dans l’obésité et le diabète » écrivent-ils.

« C’est le changement de paradigme en santé publique que nous appelons de nos vœux. Par leur contribution multiple aux grandes épidémies non-infectieuses (maladies métaboliques, cancers) et aux atteintes à la reproduction, les perturbateurs endocriniens sont à la fois une menace à appréhender d’urgence et une opportunité pour replacer prévention et précaution au cœur des politiques publiques » commente André Cicolella, Président du Réseau Environnement Santé.

Les frais de prise en charge du diabète représentent, à eux seuls, en moyenne 10% du budget santé des états européens. Il ne fait pas de doute que la prévention s’impose aussi du point de vue économique.

– Le résumé et les conclusions du rapport de CHEM Trust sont disponibles en français, cliquez ici.

– La rapport de CHEM Trust « Panorama scientifique des liens entre exposition chimique et risques d’obésité et de diabète » disponible en anglais, cliquez ici.

– Les ONG européennes diffusent une brochure grand public sur les enjeux environnementaux des maladies métaboliques, cliquez ici pour télécharger la brochure.

Rapport et dossier de presse du rapport ECOD du RES

[1]. Titre original du rapport : “Review of the science linking chemical exposures to the human risk of obesity and diabetes”